Le Chemin de fer à Gonfaron
L’apparition des moyens de transport mécanisés a bouleversé la vie des populations rurales dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Gonfaron ne fit pas exception lorsque le village accueillit sur son territoire le passage de la nouvelle ligne de chemin de fer reliant Toulon à la frontière italienne. Il faut avoir à l’esprit que, jusqu’en 1851, une seule ligne existait entre Paris et Marseille et qu’aucune desserte ne joignait Marseille à Toulon et Toulon à l’Italie. En effet, le relais était assuré par les diligences tractées par la force animale. Ainsi, par la loi impériale du 8 juillet 1852, l’Etat autorisa la création d’une ligne de Marseille à Toulon puis celle reliant Toulon à Nice en 1859 et enfin Nice à Vintimille en 1863. A Gonfaron, la compagnie du Chemin de Fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée eut recours à l’expropriation en 1861. C’est ainsi qu’au mois de janvier de cette année, les habitants de Gonfaron purent lire sur les murs de la mairie le jugement d’expropriation pour cause d’utilité publique rendu par le tribunal civil de Brignoles, le 20 décembre 1860.
Le 11 octobre, le préfet du Var ordonna une enquête sur les productions agricoles et manufacturées du village : il s’agissait d’établir les dimensions de la future gare pour le stockage et l’expédition des marchandises.
Cette enquête nous renseigne, avec intérêt, sur les productions importantes d’un village qui comptait alors 2491 habitants : vin, châtaigne, huiles, cocons de vers à soie, marcs, bois de tonnellerie ou de construction, charbon, chaux, plâtre, carrelage et tuiles.
Il est intéressant de noter que Gonfaron comprenait une petite industrie constituée de quatre scieries, trois tuileries, deux moulins à farine et six moulins à huile dont deux utilisaient la force animale à défaut d’eau. Toutefois l’enquête préfectorale de 1860 et celle de 1862 firent ressortir des difficultés géomorphologiques à l’établissement d’une grande gare comme l’actuelle gare de Carnoules. Malgré la proposition de la compagnie ferroviaire de procéder à des aménagements de terrain, le Conseil municipal refusa à l’unanimité ce projet de grande gare qui fut alors attribué, en amont, au village de Carnoules.
Les travaux du tracé de la voie ferrée purent alors débuter et nécessitèrent une grande entreprise modifiant ainsi le paysage multimillénaire de la colline de Saint-Quinis et des accotements de la Roquette.
Source : Emmanuël Briglia – La 4ème de couv’ d’Emmanuël Briglia – Gonfaron infos n° 48